jeudi 3 novembre 2011

Historique : la Chine effectue son premier baiser spatial

Peut-être vous souvenez-vous – j’en avais parlé ici même – du lancement le 29 septembre dernier du module Tiangong-1. Or en lançant Shenzhou-8 ce mardi 1er novembre, d’ailleurs de manière quasi-simultanée avec le vol réussi – au soulagement de tous – du cargo spatial Progress à destination de l’ISS, les Chinois se sont attaqués avec succès à la seconde phase de leur plan, la maîtrise du rendez-vous orbital.


Car voilà, ce premier « baiser spatial » s’est effectué hier. Après une « course amoureuse » de deux jours, Shenzhou-8 le passionné s’est joint à Tiangong-1 la timide. Les deux vaisseaux resteront enlacés l’un dans l’autre durant 12 jours. Pendant ce laps de temps, Shenzhou-8 se détachera, s’éloignera d’une centaine de mètre et tentera de renouveler l’opération afin de prouver une fois de plus l’efficacité de la technologie. Deux jours plus tard, la capsule regagnera la Terre pour inspection. La métaphore « romantique », pour cliché qu’elle puisse paraître, n’est pas gratuite si l’on en juge les productions populaires chinoises :
In Tianfu Zaobao, a Sichuan-based daily, a poem entitled "Lovers' Talk" detailed how the "kiss" -- "romantic," "profound," "sweet," but "short" -- will "elevate China's aerospace enterprise to a new height." "Tiangong, my lover, for the arrival of this moment -- wait for me. I'm coming," reads the poem at the end.
In an article posted on Xinhuanet.com, Shenzhou-8, the chase spacecraft, was compared with a passionate lad, while Tiangong-1, which has already been in orbit for more than a month, is a shy girl who "arrives early at the rendezvous and strolls around and around, waiting for her lover." "If we compare the space docking mission with the pact of a pair of lovers deeply in love, it will be the most romantic story of the season," the article said.
[…] Whiling pitying the short romantic journey, Nanfang Daily wrote: "After the docking, the two orbiters will form a little family. Tiangong-1 will be the backbone of the new family and it has the final say."
Rien d’étonnant à cela si nous en croyons le même article :
Such romanticism is not without its roots in China. "When talking about a rendezvous in space, Chinese people will immediately think of the story of the cowherd and the weaver girl," mythology and folklore expert An Deming told Xinhua. Punished by the Goddess of Heaven, the couple could only meet in the sky once a year, via a bridge formed by magpies, according to Chinese folklore. Their story gives rise to the Qixi Festival, which is sometimes called Chinese Valentine's Day.
Il est vrai que l’espace s’inspire grandement des cultures nationales, qu’elles soient américaines (la navette Enterprise par exemple), françaises (le satellite Astérix) ou japonaises. Qui plus est, pour ce qui concerne le programme spatial chinois, Joan Johnson-Freese a montré que la culture chinoise offrait une clé de compréhension idéale, de même qu’une aide non négligeable pour le chercheur.