Geneviève Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur et
de la recherche du gouvernement Ayrault, était présente. Dans les tribunes, il
y avait également l’actuel PDG d’Arianespace et candidat à la présidence du
CNES, Jean-Yves Le Gall, dont la nomination à la succession de Yannick
d’Escatha devrait être confirmée sans surprise d’ici le 10 avril.
Au-delà des inévitables lieux communs, plusieurs questions ont retenu l’attention des sénateurs
alors que les Etats membres de l’ESA, réunis à Naples en octobre 2012 dans un
contexte budgétaire crispé, ont alloué 10 milliards d’euros sur les trois
prochaines années et entériné l’évolution – défendue par la France – vers
Ariane 6. Parmi les principales, nous noterons la nécessité de « clarifier
le millefeuille de la gouvernance de l’Europe spatiale » et garantir le
financement du programme de l’Union européenne GMES, de même que celle – tout
aussi vitale – de poursuivre le soutien à l’industrie face à une concurrence
internationale qui s’accentue dans tous les domaines (satellites
tout-électriques, lanceurs, etc.) et vient menacer le maintien des emplois,
activités et compétences en France et en Europe.
Le besoin de mieux familiariser les Français et les
Européens aux efforts consentis en faveur de la politique spatiale est revenu à
plusieurs reprises (de même que celui de faire participer le parlement aux grandes décisions). Quelques chiffres valent plus que de grands discours :
si l’effort spatial européen ne coûte en moyenne que 10€ par an et par habitant,
pour un euro investi, ce sont 20€ de richesse qui sont créés. A noter que le
citoyen français finance la plus grande partie de l’effort spatial européen, avec
31€ par habitant, contre 17€ pour l’Allemagne et 6€ pour le Royaume-Uni. A comparer avec les 49€ par an par habitant aux Etats-Unis.
Plus largement, on remarquera – comme l’a d’ailleurs fait un
sénateur – que le consensus prévaut parmi la classe politique en France. La
volonté de préserver l’autonomie d’accès à l’espace est de ce point de vue
exemplaire. Pour la sénatrice des Yvelines, Sophie Primas (UMP), « L’indépendance de l'accès à l'espace est
aussi cruciale que notre autonomie alimentaire ou énergétique. Il y va de notre
souveraineté, mais aussi de notre influence culturelle ». Dans le
contexte actuel d’écriture de la prochaine programmation militaire et alors que
l’activité spatiale militaire a été décrite hier soir comme un aiguillon, le
sens de certaines déclarations n’a sans doute pas été perdu par tout le monde...
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